"La Folie humaine ". Ou comment l’humanité a bâti un asile à ciel ouvert en se croyant libre.

Publié le 11 janvier 2026 à 16:03

J'ai le plaisir de votre partager une partie du

prologue de mon prochain manuscrit 

PROLOGUE : LE MENSONGE ORIGINEL. 

Ou comment l’humanité a bâti un asile à ciel ouvert en se croyant libre.

 

Il y a quelque chose de profondément dérangeant que nous avons appris à ne plus voir. C’est là, juste devant nous, une évidence qui hurle sous nos yeux, mais que la conscience humaine a recouverte d’un vernis de normalité si épais qu’il en est devenu une seconde peau. Nous avons fini par trouver confortable l'inacceptable.

Nous vivons dans une civilisation qui détruit méthodiquement les sols qui la nourrissent, transformant l'humus fertile en poussière morte à coup de chimie. Elle empoisonne l’eau qu’elle boit, la saturant de microplastiques et de résidus médicamenteux. Elle massacre à l’échelle industrielle les espèces avec lesquelles elle cohabite, effaçant du grand livre de la vie des millions d'années d'évolution en quelques décennies. Elle maltraite les corps qui la composent, les gavant de sucre et d'anxiolytiques pour qu'ils tiennent le coup.Et pourtant, elle se pense saine.

Même mieux : elle se pense évoluée. Elle se regarde dans le miroir de ses gratte-ciels et se dit « civilisée ». Elle contemple ses indices boursiers et se croit au sommet de son histoire. C'est là le premier symptôme du délire : l'incapacité totale à percevoir sa propre maladie.

Le mensonge originel n’est pas une vieille histoire de paradis perdu, poussiéreuse et biblique. Ce n’est pas la faute d’une Ève mythologique ou d’un serpent tentateur. Ce mensonge est ici, maintenant. Il est dans cette affirmation tranquille, répétée en boucle par chaque écran, chaque politicien, chaque publicité, chaque expert de plateau télé :

« Tout va à peu près bien. Ce n’est pas si grave. C’est le prix du confort. Nous progressons. Dormez tranquilles. »Ce prologue est un face-à-face. Je ne m'adresse pas à votre personnage social. Je m’adresse à vous, lectrices et lecteurs, non comme à des coupables à condamner, mais comme à des survivants d’une hypnose collective. Je m’adresse à cette part de vous, peut-être enfouie très loin, qui sent, au fond, que quelque chose cloche terriblement.

Vous avez peut-être déjà eu ce vertige silencieux. C'est souvent fugace, tard le soir, ou au milieu d’une foule dans le métro ou dans un bus ou dans votre auto pris dans un embouillage. En regardant les informations déverser leur flot de peurs calibrées, en entendant parler d’une nouvelle guerre vendue par les marchands d'armes comme une « opération de paix », d’un nouveau scandale sanitaire étouffé par des lobbies puissants, d’une énième catastrophe écologique traitée comme un simple fait divers entre la météo et le sport... vous avez peut-être murmuré, la gorge serrée :

« Comment est-ce encore possible ? Comment peut-on en être là après des millénaires d’enseignements sur l’amour, la sagesse, la raison ? Sommes-nous devenus fous ? »

Puis la vie a repris. La machine vous a happé de nouveau. Avec ses obligations, ses factures à payer, ses rendez-vous urgents pour des choses futiles, ses notifications incessantes qui fragmentent votre attention. Le vertige a été rangé dans un tiroir, sous l’étiquette « déprime passagère » ou « fatigue de fin de semaine ».

La folie humaine commence précisément là. Pas dans les asiles, mais dans cet écart abyssal entre ce que nous sentons dans nos tripes, cette alarme qui sonne, et ce que nous acceptons dans nos vies. Elle réside dans cette dissonance cognitive permanente entre l’horreur objective d’un monde qui dévore ses propres enfants et la banalité effrayante avec laquelle nous continuons à faire « comme si ».

Voilà...est-ce cela vous parle ?

 

Giulio Fioravanti

Veilleur ...en création..

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